Constitution du collectifs et gestion politique des différences
La question de la constitution des collectifs, de la « clôture communautaire » et du contraste entre cultures politiques nationales fait partie des thèmes que les travaux du GSPM privilégient depuis de nombreuses années (cf. en particulier M. Lamont & L. Thévenot, Rethinking Comparative Cultural Sociology, Cambridge University Press, 2000). Ici encore, la démarche pragmatique a pu démontrer sa capacité à éclairer d’un jour nouveau les phénomènes que les débats publics actuels sur le multiculturalisme et la mondialisation libérale rendent souvent opaques ou caricaturaux. Cette approche pragmatique ouvre la perspective d’une analyse des modalités à travers lesquelles les agents sociaux sont régulièrement amenés à politiser, et donc à rapporter à des collectifs, leurs relations communes, y compris celles tissées jusque là dans des relations de forte proximité. Elle s’attache notamment à suivre la façon dont des gênes ou de simples troubles se muent en disputes dans les situations sociales les plus diverses (résidences étudiantes, sites naturels, lieux de travail, centres d’aide sociale, forums Internet, etc). Il devient ainsi possible d’analyser comment les acteurs de nos sociétés s’y prennent pour produire des fermetures communautaires (par exemple sous forme d’attitudes discriminatoires), marquer ou renégocier des différences statutaires, mobiliser des grammaires politiques du lien social (les inclinant par exemple au respect de l’autre ou à la valorisation de la hiérarchie), et investir ou créer des outils cognitifs, dans le droit et la statistique notamment, aptes à produire une représentation publique des collectifs et de ce qui les différencie.
Dans cette perspective, quatre grands chantiers ont été ouverts :